L’année 2026 est celle de la bascule fiscale immobilière française. Le Pinel est mort définitivement au 1er janvier 2025. La loi de finances 2026 a créé un nouveau dispositif — la loi Jeanbrun, aussi appelée statut du bailleur privé — entrée en vigueur le 21 février 2026. Simultanément, le LMNP au régime réel a conservé son amortissement intégral contre toute attente (l’amendement de plafonnement à 2 % a été rejeté). Résultat : deux armes fiscales puissantes coexistent aujourd’hui, avec des logiques radicalement différentes.
Ce match fiscal s’inscrit dans la stratégie globale de l’investissement en Provence en 2026. Ce n’est ni un choix académique, ni un arbitrage purement fiscal. C’est un choix de stratégie patrimoniale avec des conséquences sur 10 à 20 ans. Choisir LMNP ou Jeanbrun, c’est choisir entre cash-flow immédiat et réduction d’impôt sur revenu global, entre flexibilité totale et engagement long, entre location meublée et location nue.
On va trancher proprement. Chiffres, montages, cas concrets PACA. Pas de langue de bois, pas de recommandation par défaut.
Investissement immobilier 2026 : le grand tournant fiscal
Pourquoi le Pinel est mort (et pourquoi ça change tout)
Le Pinel, ce sont 10 ans d’investissement locatif subventionné par l’État : réduction d’impôt de 12 à 21 % du prix d’acquisition selon durée d’engagement (6, 9 ou 12 ans), conditions de zonage strictes (zones A et B1), plafonds de loyers, plafonds de ressources du locataire. Le dispositif a pris fin au 1er janvier 2025 sans successeur direct. Pendant 15 mois, les investisseurs sont restés dans un flou fiscal inédit.
La raison de cette mort ? Un coût colossal pour l’État (plusieurs milliards d’euros par an de dépense fiscale) face à des résultats jugés décevants sur la construction et l’accès au logement. Le Pinel a été critiqué comme une niche fiscale pour investisseurs aisés plutôt qu’un outil de politique du logement.
Ce qui change structurellement avec la fin du Pinel :
- Plus de réduction d’impôt directe en échange d’un investissement locatif.
- Transition vers une logique d’amortissement, mécanisme comptable plus pérenne mais moins spectaculaire à court terme.
- Renforcement de l’exigence énergétique : plus aucun dispositif ne finance désormais les biens mal isolés.
- Recentrage sur la location longue durée, avec un encadrement croissant de la location meublée touristique (loi Le Meur 2024).
Les deux armes fiscales qui restent : LMNP et Jeanbrun
Le paysage fiscal 2026 pour l’investissement locatif se résume désormais à deux dispositifs majeurs. Ils sont incompatibles entre eux sur un même bien — un logement ne peut pas être à la fois LMNP (meublé) et Jeanbrun (nu). C’est un choix stratégique en amont de l’acquisition.
Le LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) : statut fiscal préexistant, confirmé et préservé en 2026. S’applique à la location meublée (longue durée ou saisonnière). Permet l’amortissement comptable du bien au régime réel. Aucun engagement de durée, aucun plafond de loyer, aucun plafond de ressources du locataire. Flexibilité maximale, cash-flow optimisé.
La loi Jeanbrun (statut du bailleur privé) : dispositif créé en 2026 (article 47 de la loi de finances 2026, publiée au JO n°0043 le 20 février 2026, entrée en vigueur le 21 février 2026). S’applique exclusivement à la location nue longue durée. Introduit pour la première fois l’amortissement fiscal en location vide. Engagement de location de 9 ans minimum, loyers plafonnés (intermédiaire, social, très social), plafonds de ressources du locataire. Réduction d’impôt sur revenu global potentiellement massive.
Autre outil complémentaire, toujours en vigueur : le déficit foncier classique (jusqu’à 10 700 €/an sur revenu global) et son pendant majoré (jusqu’à 21 400 €/an en cas de travaux de rénovation énergétique, prolongé jusqu’au 31 décembre 2027). Le déficit foncier majoré peut se cumuler avec le dispositif Jeanbrun pour les opérations d’ancien à rénover.
Tout se joue désormais entre ces deux logiques. Voyons chacune en détail.
Le statut LMNP en 2026 : toujours invincible ?
Le statut LMNP est le statut fiscal le plus puissant de France pour l’investissement locatif. Il a survécu aux réformes de 2024-2026 contrairement à toutes les attentes. L’amendement de plafonnement de l’amortissement à 2 % déposé en novembre 2025 a été rejeté dans la version finale du budget 2026. L’amortissement par composants reste intact.
L’amortissement comptable : le secret des revenus nets d’impôts
L’amortissement comptable, c’est le pilier du LMNP au régime réel. Le principe est simple en théorie, puissant en pratique : l’administration fiscale considère que votre bien immobilier se déprécie avec le temps, et autorise à déduire chaque année une fraction de sa valeur des revenus locatifs imposables. Ce mécanisme n’existe dans aucun autre dispositif locatif en France, sauf Jeanbrun désormais.
Comment ça marche concrètement en LMNP au réel :
- Le bien immobilier (hors valeur du terrain, estimée à 10-30 % selon zone) s’amortit sur 25 à 33 ans selon méthode de ventilation par composants. Taux effectifs : 2,5 à 4 % par an.
- Le mobilier s’amortit sur 5 à 10 ans. Taux : 10 à 20 % par an.
- Les frais d’acquisition (notaire) peuvent être amortis sur 10 ans ou passés en charge l’année de l’acquisition.
- Les travaux s’amortissent selon la nature du composant (gros œuvre : 30 ans, agencements : 15 ans, équipements : 10 ans).
Exemple chiffré LMNP au réel en PACA :
Studio 25 m² acheté 150 000 € à Aix-en-Provence, près de la Faculté de Droit. Mobilier 6 000 €.
- Ventilation : terrain 20 % (30 000 €), bâti 80 % (120 000 €).
- Amortissement bien : 120 000 € × 3,33 % (sur 30 ans) = 4 000 €/an.
- Amortissement mobilier : 6 000 € × 14,3 % (sur 7 ans) = 857 €/an.
- Amortissement frais de notaire : 10 500 € (7 %) / 10 ans = 1 050 €/an.
- Total amortissement annuel : 5 907 €.
Loyer meublé 650 €/mois = 7 800 €/an. Charges réelles déductibles (copropriété, taxe foncière, CFE, assurance PNO, comptable, intérêts d’emprunt) : environ 4 500 €/an.
Résultat fiscal : 7 800 € – 4 500 € – 5 907 € = –2 607 € (déficit).
Le déficit est reportable sur les années suivantes sur les seuls revenus BIC locatifs (pas sur revenu global en LMNP, contrairement au déficit foncier). Conséquence concrète : zéro impôt sur ces 7 800 € de loyers pendant 10 à 20 ans. Dans l’exemple pour Marseille que nous avons vu pour les petites surfaces à Marseille, le LMNP reste imbattable pour la colocation grâce à cet effet d’amortissement combiné au cash-flow positif.

Le choix micro-BIC vs régime réel en 2026
Le régime micro-BIC s’applique par défaut jusqu’à 77 700 € de recettes annuelles (83 600 € revalorisé selon certaines sources pour 2026) pour la location meublée longue durée. Abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers, avec limite inchangée en 2026 contrairement à la courte durée touristique non classée (durcie à 15 000 € / 30 %).
Avantages du micro-BIC :
- Simplicité absolue : pas de comptabilité, pas d’expert-comptable.
- Abattement automatique de 50 % qui couvre bien les charges modérées.
- Adapté aux petits patrimoines ou aux biens avec peu de charges réelles.
Quand le micro-BIC bat le réel : lorsque charges réelles + amortissements < 50 % des loyers bruts. Cas typique : bien détenu sans crédit, charges de copropriété faibles, pas de travaux. En général rare en investissement locatif actif.
Le régime réel gagne dans 90 % des cas d’investissement locatif en PACA. Il implique une comptabilité tenue au format BIC (formulaires 2031, 2033, liasse fiscale à transmettre avant mai 2026 pour les revenus 2025), le recours à un expert-comptable spécialisé (coût 400-800 €/an, déductible), et la tenue d’un bilan d’ouverture. En contrepartie, il permet l’amortissement intégral + toutes les charges réelles.
Les points de vigilance 2026 sur le LMNP
Plusieurs évolutions récentes ont durci marginalement le LMNP sans remettre en cause sa pertinence :
- Réintégration des amortissements dans la plus-value à la revente (loi de finances 2025, en vigueur depuis le 15 février 2025). Concrètement, le prix d’acquisition utilisé pour calculer la plus-value imposable à la revente est minoré des amortissements déduits pendant la détention. Impact : l’avantage fiscal du LMNP est partiellement repris à la sortie. Exception : les résidences de services étudiantes, seniors et EHPAD en baux commerciaux ne sont pas concernées par cette réintégration.
- Prélèvements sociaux à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026 (CSG augmentée de 1,4 point par la loi de financement de la Sécurité Sociale 2026). Concerne les revenus BIC donc les loyers LMNP et la plus-value à la revente.
- Durcissement des meublés de tourisme non classés : plafond micro-BIC ramené de 77 700 € à 15 000 €, abattement de 50 % à 30 %. Solution : privilégier la longue durée ou le classement Atout France pour les meublés de tourisme.
- Enregistrement obligatoire des meublés de tourisme sur le téléservice national avant le 20 mai 2026.
Pour quel profil le LMNP reste imbattable
Le LMNP est le statut gagnant si :
- Vous cherchez du cash-flow immédiat et de la flexibilité totale.
- Votre horizon de détention est flou ou potentiellement inférieur à 10 ans (pas d’engagement de durée).
- Votre TMI est modérée (11 % ou 30 %) — l’effet amortissement sur les BIC suffit à annuler l’impôt sans avoir besoin de l’imputation sur revenu global.
- Vous ciblez les étudiants, jeunes actifs, cadres en mobilité, colocation, baux mobilité.
- Votre bien est hors zonage spécifique ou en dehors des critères de logement intermédiaire/social.
- Vous voulez louer une maison individuelle (exclue de Jeanbrun).
Notre dossier dédié à la fiscalité LMNP détaille les mécanismes complets de ventilation par composants, d’optimisation des frais de notaire et des stratégies de sortie.
La loi Jeanbrun (statut du bailleur privé) : l’arme fatale pour l’ancien ?
Le dispositif Jeanbrun marque une rupture historique. Pour la première fois en France, l’amortissement fiscal est autorisé en location nue longue durée. C’est un changement de paradigme : jusqu’ici, l’amortissement était réservé aux BIC (location meublée) ou aux montages en société à l’IS.
Le mécanisme exact du dispositif Jeanbrun
Le statut du bailleur privé (articles 47 et 12 octies de la loi de finances 2026, codifié à l’article 31 bis du Code Général des Impôts) fonctionne selon trois paramètres combinés : le niveau de loyer pratiqué, l’état du bien (neuf ou ancien rénové), et l’engagement de durée.
Les trois niveaux de loyer et leurs amortissements :
- Loyer intermédiaire (réduction de 15 % par rapport au marché) : amortissement de 3,5 % par an, plafond 8 000 €/an.
- Loyer social (réduction de 30 % par rapport au marché) : amortissement 4,5 % par an, plafond 10 000 €/an.
- Loyer très social (réduction de 45 % par rapport au marché) : amortissement 5,5 % par an, plafond 12 000 €/an.
Les conditions du bien :
- Neuf (VEFA ou permis de construire déposé à partir du 1er janvier 2026) : label RE2020, DPE A, B ou C obligatoire.
- Ancien avec travaux lourds : les travaux doivent représenter au moins 30 % du prix d’acquisition et permettre d’atteindre un DPE A, B ou C.
- Logements collectifs uniquement : les maisons individuelles sont explicitement exclues du dispositif.
Engagement et contraintes :
- Durée de location : 9 ans minimum en résidence principale du locataire.
- Plafonds de loyer et plafonds de ressources du locataire selon barème officiel.
- Interdiction de louer à un proche (cercle familial direct).
- Respect de la RE2020 (neuf) ou de la classe A/B/C post-travaux (ancien).
La rénovation énergétique : le vrai atout pour l’ancien
Voici où Jeanbrun devient redoutable : sur les passoires thermiques transformées en biens performants. Depuis 2025, les logements classés G sont interdits à la location, avec des obligations de rénovation énergétique précisées par le service public.
Exemple opérationnel en PACA :
Appartement de 60 m² classé F acheté 180 000 € dans le centre de Toulon (décote de 20 000 € sur un bien équivalent en DPE D). Travaux de rénovation énergétique : 60 000 € (isolation par l’intérieur, menuiseries, pompe à chaleur air-eau, VMC double flux) pour atteindre un DPE B. Total investissement : 240 000 €.
Les travaux représentent 33 % du prix d’acquisition (60 000 / 180 000) : conditions Jeanbrun remplies. Si vous achetez une maison à rénover à Toulon, le statut Jeanbrun devient votre meilleur allié fiscal dès lors que l’opération porte sur un logement collectif — les maisons individuelles étant exclues du dispositif.
Le bailleur opte pour un loyer intermédiaire (750 €/mois contre 880 €/mois au prix du marché libre). Calcul fiscal :
- Base amortissable : 240 000 € × 80 % (hors terrain) = 192 000 €.
- Amortissement théorique : 192 000 € × 3,5 % = 6 720 €/an (inférieur au plafond 8 000 €).
- Amortissement retenu : 6 720 €/an.
- Loyers annuels : 9 000 €.
- Charges réelles déductibles : 2 500 €.
- Résultat foncier : 9 000 – 2 500 – 6 720 = –220 € (déficit quasi nul).
Économie d’impôt TMI 41 % : environ 2 756 €/an uniquement sur les revenus fonciers imposés.

L’arme fatale : le déficit foncier majoré de 21 400 €
C’est le vrai levier exceptionnel du duo Jeanbrun + rénovation énergétique. Le déficit foncier majoré permet d’imputer jusqu’à 21 400 € par an sur le revenu global (contre 10 700 € en régime classique), dès lors que les travaux engagés constituent des dépenses de rénovation énergétique et que le bien passe en DPE A, B ou C. Ce dispositif est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027.
Reprise de l’exemple ci-dessus, première année : les 60 000 € de travaux génèrent un déficit foncier massif. 21 400 € s’imputent sur le revenu global du foyer fiscal. Pour un contribuable à TMI 41 % + prélèvements sociaux 18,6 % = 59,6 % de fiscalité effective sur le revenu global.
Économie fiscale année 1 : 21 400 € × 59,6 % = 12 754 €.
Le reliquat de déficit (38 600 € dans l’exemple) est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. C’est ici que l’opération devient décisive : l’acheteur récupère en économie d’impôt immédiate l’équivalent de 7 % de son prix d’achat total.
Les limites du dispositif Jeanbrun
Jeanbrun n’est pas la solution universelle. Plusieurs contraintes pèsent lourdement sur l’arbitrage :
- Incompatibilité avec la location meublée : Jeanbrun exclut le LMNP. Changer d’avis en cours d’engagement (passer en meublé) déclenche la réintégration des amortissements dans les revenus fonciers de l’année de rupture.
- Loyers plafonnés : -15 % à -45 % par rapport au marché libre. Sur certaines zones tendues PACA, l’écart entre loyer Jeanbrun et loyer libre peut atteindre 2 000-3 000 €/an de manque à gagner sur un T3 familial.
- Exclusion des maisons individuelles : seuls les logements collectifs sont éligibles. Les villas provençales, mas, maisons de village, sont hors périmètre.
- Engagement de 9 ans : contrairement au LMNP sans engagement, Jeanbrun verrouille le bien pendant près d’une décennie. Vente anticipée = réintégration des amortissements.
- Réintégration probable des amortissements à la revente : l’article 150 VB III CGI modifié prévoit l’intégration des amortissements dans le calcul de la plus-value imposable à la revente, similaire au LMNP. Attention : certaines sources évoquent au contraire une exonération totale à 20 ans sans recapture — le décret d’application pourrait préciser ce point. En l’état de la doctrine début 2026, la prudence impose de considérer que les amortissements Jeanbrun sont réintégrés (article 150 VB III CGI modifié).
Pour quel profil Jeanbrun devient l’arme fatale
Jeanbrun surclasse le LMNP pour :
- Les investisseurs à TMI 41 % ou 45 % (avantage massif de l’imputation sur revenu global).
- L’ancien rénové avec travaux lourds énergétiques (effet cumul déficit foncier majoré + amortissement Jeanbrun).
- Les profils patrimoniaux qui acceptent un engagement 9 ans + loyer plafonné contre une sécurité locative (vacance locative quasi nulle sur le logement intermédiaire et social).
- Les investisseurs multi-biens qui veulent diversifier l’exposition fiscale (pour ne pas tout miser sur le LMNP).
Tableau comparatif : rendement vs fiscalité
Voilà la grille de décision froide et précise. À lire attentivement avant tout arbitrage.
| Critère | LMNP au régime réel | Loi Jeanbrun (statut bailleur privé) |
|---|---|---|
| Type de location | Meublée (longue durée, bail mobilité, saisonnière) | Nue (longue durée uniquement) |
| Engagement de durée | Aucun | 9 ans minimum |
| Plafond de loyer | Aucun, loyer libre | Oui : -15 % à -45 % selon niveau |
| Plafond de ressources locataire | Aucun | Oui selon niveau |
| Zonage géographique | Aucun | Aucun (applicable partout) |
| Type de bien | Tous (appartement, maison, immeuble) | Logements collectifs uniquement |
| Amortissement annuel | 2,5 à 4 % bâti + 10-20 % mobilier | 3,5 à 5,5 % selon loyer, plafonné 8-12 k€/an |
| Imputation du déficit sur revenu global | Non (report sur BIC uniquement) | Oui, jusqu’à 10 700 € (foncier) ou 21 400 € (majoré travaux) |
| Cash-flow immédiat | Maximum (loyers meublés +20-30 %) | Modéré (loyers plafonnés) |
| Effet fiscal sur revenu global | Faible (hors déficit foncier associé) | Fort pour TMI élevée |
| Réintégration amortissement à la revente | Oui depuis 2025 (sauf résidences services) | Oui probable (article 150 VB III modifié) |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % (depuis 2026) | 18,6 % (depuis 2026) |
| Comptabilité obligatoire | Oui (expert-comptable recommandé) | Non requise (régime foncier classique) |
| Rentabilité brute typique | 5-8 % selon ville/typologie | 3,5-5 % (loyers plafonnés) |
| Profil investisseur cible | Cash-flow, flexibilité, TMI 11-30 % | Patrimoine, défiscalisation, TMI 41-45 % |
| Disponibilité | Permanent | Acquisitions jusqu’au 31/12/2028 |
Lecture rapide de ce tableau :
- Si votre priorité est le cash-flow net → LMNP systématiquement.
- Si votre priorité est la réduction d’impôt sur revenu global → Jeanbrun (surtout avec travaux lourds + TMI élevée).
- Si votre horizon est court (moins de 10 ans) → LMNP (aucun engagement).
- Si vous achetez du collectif à rénover énergétiquement → Jeanbrun + déficit foncier majoré devient redoutable.
- Si vous achetez une maison individuelle ou un bien en saisonnière → LMNP sans débat.

Application concrète en PACA : quel montage pour quelle ville ?
C’est ici que le choix se matérialise concrètement, ville par ville. Les profils de marché PACA s’alignent différemment sur les deux dispositifs.
Aix-en-Provence : mixte selon typologie
Profil patrimonial CSP+++, centre-ville et quartier Mazarin : LMNP peu pertinent (meublé peu demandé sur T4-T5 familiaux bourgeois). Pour ce type d’actifs, la location nue classique combinée à une SCI à l’IS reste la norme afin d’optimiser la transmission. C’est la stratégie que nous recommandons pour sécuriser un investissement à Aix-en-Provence sur le long terme. Le dispositif Jeanbrun peut s’activer sur des programmes neufs collectifs (rares à Aix-centre, plus fréquents aux Milles ou à Venelles). Conditions : 30 % de travaux en ancien, logement collectif, 9 ans d’engagement.
Profil rendement étudiant (sud Aix, Encagnane, quartiers des facultés) : LMNP au régime réel, clairement. Studio meublé 20-25 m² à 120 000 €, loué 650 €/mois à un étudiant en Droit ou Sciences Po. Amortissement intégral sur 15-20 ans, fiscalité quasi nulle, cash-flow positif dès année 1. Jeanbrun est peu pertinent ici : les étudiants veulent du meublé.
Cas d’usage Jeanbrun à Aix : investisseur à TMI 41-45 % qui achète un programme neuf collectif à Les Milles ou un ancien à rénover dans le quartier de Jas de Bouffan, engage 50-80 000 € de travaux énergétiques pour atteindre DPE A ou B, active le déficit foncier majoré 21 400 €/an. ROI fiscal année 1 supérieur à 12 000 € d’économie d’impôt.
Nice : patrimonial pur plus souvent
Profil patrimonial (Cimiez, Mont-Boron, Carré d’Or) : Jeanbrun est peu praticable (loyers plafonnés difficilement supportables dans des quartiers où les prix au m² dépassent 6 000 €). La location nue classique + SCI IS reste dominante. Pour un T3 à 7 000 €/m² qui doit se louer 1 800 €/mois libre, descendre à 1 500 €/mois en Jeanbrun intermédiaire, c’est 3 600 €/an de manque à gagner, difficilement compensé par le gain fiscal sur la durée.
Profil rendement (Saint-Roch, Pasteur, Valrose, Libération) : LMNP au régime réel, encore une fois. Studio à 3 500 €/m², loué 600 €/mois en meublé étudiant (CHU Pasteur, Université Côte d’Azur). Rendement brut 5-6 %, cash-flow positif, fiscalité quasi nulle.
Cas d’usage Jeanbrun à Nice : bien ancien en collectif dans le secteur Libération ou Saint-Roch (tickets d’entrée autour de 3 500-5 000 €/m²), travaux de rénovation énergétique lourds (Nice a un parc ancien avec beaucoup de passoires thermiques), DPE B post-travaux, engagement Jeanbrun intermédiaire. Le cumul déficit foncier majoré + amortissement Jeanbrun reste viable pour un investisseur TMI 45 %. Possibilité de revente avec plus-value et le prestige azuréen.
Marseille : LMNP domine largement
Profil rendement (3e, 10e, centre-ville, Noailles, Belle-de-Mai) : LMNP sans hésitation. Studio ou T2 meublé à 60-90 000 € en centre-ville rénové, loué 450-600 €/mois. Les rendements bruts à 7-9 % sur certains secteurs se maintiennent grâce au meublé. Le LMNP au régime réel annule l’impôt pendant 15-20 ans.
Profil patrimonial (7e, 8e, Périer, Roucas-Blanc) : similaire à Nice premium — location nue classique, SCI IS, peu d’intérêt pour Jeanbrun (écart loyer plafonné vs libre trop élevé).
Cas d’usage Jeanbrun à Marseille : l’immense parc ancien marseillais offre des opportunités massives de rénovation énergétique. Un immeuble collectif acquis à 2 500 €/m² dans le 3e arrondissement + 30 % de travaux pour atteindre DPE C peut cumuler déficit foncier majoré (21 400 €/an) et amortissement Jeanbrun sur 9 ans. C’est même potentiellement la stratégie la plus rentable fiscalement pour un TMI 45 % sur Marseille en 2026.
Toulon : colocation marins-étudiants = LMNP, travaux lourds = Jeanbrun
Profil rendement (centre-ville, La Rode, Pont du Las, colocation) : LMNP au régime réel, archi-dominant. La colocation meublée marins-étudiants sur T4-T5 à Pont du Las génère 8-9 % brut avec fiscalité quasi nulle. Aucun intérêt à basculer en Jeanbrun sur ces biens.
Cas d’usage Jeanbrun à Toulon : acquisition d’un immeuble collectif ancien à rendement brut élevé à rénover dans le centre historique ou à La Rode. Prix d’entrée bas (2 700-3 500 €/m²), parc avec beaucoup de passoires thermiques, 30-40 % du prix d’acquisition en travaux de rénovation énergétique. Cumul déficit foncier majoré + Jeanbrun intermédiaire devient puissant sur 9 ans.
Conclusion : la bonne question à se poser en 2026
La vraie question n’est pas « LMNP ou Jeanbrun », c’est « quel dispositif pour quel bien dans quel contexte ? ». Les deux armes fiscales coexistent et sont complémentaires sur un portefeuille diversifié.
Les trois règles de décision pour 2026 :
- Bien meublable (studio, T2, bien en centre-ville, location étudiante ou cadre) → LMNP au régime réel. C’est la colonne vertébrale de l’investissement locatif en PACA. 75 à 80 % des opérations restent logiquement en LMNP.
- Bien collectif ancien à rénover lourdement (travaux ≥ 30 %, DPE post-travaux A, B ou C) et TMI ≥ 41 % → Loi Jeanbrun + déficit foncier majoré. C’est le montage le plus puissant fiscalement en 2026 pour les patrimoniaux, avec un ROI fiscal année 1 qui peut dépasser 12 000 € d’économie d’impôt.
- Maison individuelle, bien en saisonnière, projet à horizon court, TMI faible → LMNP sans débat. Jeanbrun est hors sujet.
Ne jamais sous-estimer les contraintes Jeanbrun : 9 ans d’engagement, loyers plafonnés, zéro possibilité de bascule en meublé en cours de route, réintégration probable des amortissements à la revente. Ce n’est pas un dispositif « cadeau », c’est un engagement lourd avec un bénéfice fiscal calibré pour les contribuables fortement imposés.
Ne jamais sous-estimer la puissance du LMNP : malgré la réintégration des amortissements depuis 2025 et les prélèvements sociaux à 18,6 %, il reste le statut le plus flexible et le plus rentable en cash-flow net sur la durée pour 80 % des investisseurs.
Le bon investisseur en 2026 en PACA fait les deux : LMNP sur les studios et T2 en ville, Jeanbrun sur l’immeuble de rapport ancien à rénover collectivement. Chaque dispositif sur le bon bien, pour le bon objectif. Le reste, c’est du bruit.



